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L’hiver est là, mais il n’est pas venu seul…

24 décembre 2009

{Ce billet est aussi et surtout ma participation au concours de Lili & Chouchen}

Edit du 04/01/2010: la parole a été donnée au nouveau Chaloc… et j’ai gagné!

***MERCI***

L’hiver est là. J’ai le teint transparent comme la neige et les idées figées dans le verglas.

J’ai envie de soleil, de maillot de bain, de piña colada et de crème solaire au karité. A défaut de tout ça, j’allume des lumières tamisées aux couleurs flamboyantes,  je m’enroule dans des couvertures laineuses, je bois des litres de thé fumant à l’amande pour parfumer mon minuscule palais, et je me tartine de lait nourrissant qui sent bon le sable brûlé.

On me suit à la trace…

Je resterais bien là, dans la chaleur des  draps épais et de ses bras fluets. On transpire parce qu’on a chaud, mais après ça donne froid.

“Dis, on hiberne en attendant le retour du printemps?”

Chaleur rouge & intérieure

Non non non! Hors de question.

Le blues hivernal s’attrape en restant trop longtemps à la maison.

De toute manière, je n’ai même plus de bouillotte qui viendrait se blottir dans mon cou et ronronner à mes oreilles. Ce serait pourtant une bonne excuse pour ne plus bouger: on ne réveille pas un chat qui dort. On l’embête juste un peu pour le voir étirer ses pattes et sortir ses griffes.

Gros chatouni qui tenait chaud

Moi, a.k.a la grande courageuse, je vais vous livrer le secret d’une belle saison rigoureuse: mettre le bout de son nez dehors. Même si les gens dans la rue ont l’air de bouder, la faute aux lèvres gercées… Entre mon bonnet et mon écharpe, on aperçoit juste mes yeux malicieux. C’est le meilleur des Labello. Entre deux glissades sur le trottoir, les passants retrouvent un semblant de sourire.

Approchez, je vais vous chuchoter la recette d’un hiver réussi:

Sortir… pour avoir le plaisir de rentrer.

Se forcer à quitter le canapé et les DVD, même quand on aperçoit les flocons tomber au travers des vitres pleines de buée. Affronter le froid, trouver le courage de prendre un train de banlieue pour toucher un peu de tiédeur auprès des siens, une heure plus loin. Je retrouve ma chambre d’adolescente, une odeur familière, des biscuits qui gonflent dans le four, des discussions à n’en plus finir autour de la cafetière, une partie de Monopoly qui s’éternise et à laquelle je triche sans vergogne, mes livres de jeune fille surannés sur les étagères poussièreuses, des fous- rires fraternels, quelques notes de piano, Guitar- Hero et les dessins animés de notre enfance dans le magnétoscope.

Comme avant?

Quand Noël était le jour le plus attendu de l’année, saupoudré d’insouciance et de magie. Ce n’est pas de la nostalgie, non, je crois qu’on a juste grandi… Enfin, surtout Lui.

Le + beau frère de l'univers dans la lumière

Nous sommes plus excités à l’idée de nous retrouver autour de la table qu’à l’idée de déballer les paquets au pied du sapin. Heureusement , les tout- petits sont là pour nous rappeler à l’ordre.

“Auréliiie, viens- voiiir, c’est le traîneau du Père Noël, là, dans le ciel. Tu le vois? Il arriiive!”

En fait, ce sont juste  les lumières d’un avion se préparant à atterrir sur les pistes d’Orly… Mais c’est pour la bonne cause, je saurai me taire… (Profitons- en, ce n’est pas souvent)

Cette cousine connaît déjà le pouvoir de la frange...

D’ordinaire, je trouve amusant de contrarier les enfants, mais pas cet après- midi… Elle ne tient déjà plus en place, ses deux billes bleues pétillent, elle trépigne et piétine, ne sait pas à quoi jouer tant elle rêve aux jouets qu’elle a commandé, la dernière case du calendrier a été ouverte ce matin, et pourtant… Cette dernière veillée avant son passage lui semble interminable… Tandis que je suis d’un calme olympien en attendant l’orgie qui se prépare dès à présent dans la cuisine pour ce soir.

Le 24 décembre à 27 ans, c’est même plus très drôle finalement…

“Dis, tu me prêtes tes 5 ans?”

Puis, du balcon en hauteur, on peut s’amuser à épier ce qui se passe dans les pavillons en bas. Tout le monde s’active, même les vieux voisins. Je m’accoude sur la rambarde, elle se hisse sur la pointe des pieds, et je lui montre mon ancien lycée au loin.

“Oui mais moi je suis chez les grands à la maternelle!”

Je ne lui dirai pas, que moi, j’ai redoublé la seconde. A cause des maths. Et ça n’a servi à rien. Je suis toujours aussi nulle. Continue à coller des gomettes et à former de belles lettres. C’est la seule chose qui comptera vraiment, plus tard.

Rentrer à l’intérieur, grelotter et râler combien ça caille en allant fouiller dans le placard au- dessus de l’évier, celui où se cachent les chocolats…

“C’est votre faute, fallait pas sortir en chaussettes! Et puis c’est pas l’heure de manger j’vous ferais remarquer!”

Le soir on y voit encore mieux...

Il fait quelques degrés de moins qu’à Paris intra- muros…

Mais les mains des miens sont toujours chaudes et grandes ouvertes.

***On ne peut pas rêver plus beau cadeau***

Les pommes de pin poussent dans les cailloux dorés

Joyeux Noël (Rouge foncé, bien évidemment…)

13 Commentaires laisser un →
  1. 24 décembre 2009 11 h 04 min

    Milesker.
    Zorionak.

    • Aurélie permalien*
      26 décembre 2009 18 h 10 min

      Merci :)
      Je reprends mes esprits un peu tard mais j’espère qu’il s’est bien passé au pays Basque aussi.

  2. 24 décembre 2009 14 h 41 min

    BOn Noël à toi :-)

  3. 25 décembre 2009 1 h 55 min

    Très joli texte, émouvant et juste : bravo !

  4. Aurore permalien
    26 janvier 2010 1 h 32 min

    1h30 du mat’… ça fait bien 1h35 que je te lis…mais très certainement 1h35 de pure douceur…

    • Aurélie permalien*
      26 janvier 2010 9 h 39 min

      C’est toi ma dolce… (à n’importe quelle heure!) *

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