L’avantage d’être célibataire, ou bien en couple sans pour autant se fader le bonhomme dans son home sweet home 24 heures sur 24, 7 jours sur 7… Ne soyons pas sectaires… C’est qu’on fait (à peu près) tout ce qu’on veut, sans que personne n’ait rien à en redire!
Par exemple, voici ce qu’il reste de la baguette toute chaude achetée à la boulangerie située à quelques deux cents mètres de la maison, sur le chemin du retour ce soir, bravant la neige & le froid (le tout dans la nuit noire, dans un petit blouson de cuir, parce que j’ai décrété que je ne remettrai pas de gros manteaux informes avant janvier 2011, mais je porte deux écharpes, pour compenser).
Oui messieurs dames, j’ai réussi à manger toute cette quantité de mie et de croûte avant d’atteindre mon immeuble, ET ce, avec les gants… Exploit! Alors que j’ai complètement abandonné l’idée de changer le morceau ou de monter le volume sur mon iPod les mains emmitouflées… Rien que pour ce détail hivernal contraignant: vivement le printemps!
Pour sûr, un individu de sexe opposé aurait découvert le (maigre) morceau de pain ci- dessus en m’ouvrant la porte, j’aurais eu droit, au choix, en plus des yeux écarquillés:
- « Nan, mais t’abuses, y en aura jamais assez pour le dîner »
- « T’es mignonne, mais tu gardes tes chaussures et tu retournes chercher une miche, SANS te l’enfiler en revenant »
(Je passe volontairement sur les « Tu te fous de ma gueule? », « Tu me prends pour un con? », et autres questions qui n’attendent que des OUI insolents pour réponses…)
Le tout sur un ton plus ou moins énervé, agacé, excédé, etc etc… Parce que pour avoir déjà vécu la situation, il y a fort longtemps maintenant, ça fait rire une fois, deux fois, voire trois, mais après, l’usure du couple aidant, la routine et le poids du quotidien… Ca fatigue.
Au vu de mon caractère tendre & délicat, j’aurais répondu quelque chose du genre « Si t’es pas content, c’est pareil »… Ou comment jeter de l’huile sur un feu déjà brûlant… (et par là même, je confirmerais les dires de mon grand- père latin, qui soutient encore à plus de 80 ans, que le mec capable de me supporter sur la durée n’est pas encore né, et si un beau jour il venait à se pointer, il se verrait dans l’obligation de lui décerner une médaille d’honneur…)
Alors qu’il y a une explication scientifique à cette gloutonnerie, en plus du fait qu’il est inconcevable de résister à l’appel du pain craquant qui sort du fournil… Je vous le (la) donne en mille:
Le croûton fait pousser la poitrine.
Nous sommes drôlement gâté(e)s, comme les seins, il y en a 2 par baguette! Et ça marche aussi (ou pas) avec la ficelle, la tradition & autres consoeurs aux céréales…
On m’a sorti cette (connerie) vérité à l’âge ingrat… Et depuis, je ne désespère toujours pas!
Puis je trouve que c’est plutôt une bonne excuse pour croquer (la vie) la baguette par les deux bouts…
Je me retrouve à guetter sans arrêt un message, un appel, un mail qui ne viendront pas puisque je lui ai demandé de ne plus me contacter. La mûre vibre et sonne dans tous les sens… Mais ce n’est jamais lui.
Au milieu des supplices intrinsèques provoqués par son départ, il a maintenant la sagesse de respecter mon souhait, pourtant exprimé à contre- coeur dans le seul but d’aller mieux et de me recentrer sur moi. Uniquement.
Au premier petit matin, alors qu’il me tenait très fort entre ses bras et que j’étais déjà en retard pour aller travailler, je lui avais dit: « Aide- moi à partir ». Il m’avait répondu en me serrant de plus bel : « Oh, ça c’est joliment dit ».
Vendredi, alors qu’il s’inquiétait encore de mon état après m’avoir asséné un dernier coup de massue du côté gauche de la poitrine en début de semaine, je lui ai demandé: « Aide- moi à t’oublier ». Il m’a répondu en m’abandonnant de plus bel: « Prends soin de toi ».
Depuis, je me traîne, je me force, je souris pour de la fausse avec mes yeux de grenouille, je me fixe au quotidien des objectifs minimes qui me semblent insurmontables… Et, tous les jours, je dresse dans un carnet une liste de 3 minuscules bonheurs… Pas toujours évidents à remarquer il faut bien l’avouer… En attendant que de plus grands veuillent bien pointer le bout de leur nez…
Je vais arrêter d’attendre des signes de lui, qui ne feraient que me détruire un peu plus, pour déployer le peu d’énergie qu’il me reste à retrouver un semblant, puis une véritable sérénité.
Bon, puis c’est décidé, on va arrêter de causer et d’accorder trop de place dans cet espace, aux individus néfastes, qui sont de belles personnes au fond, mais de mauvais amoureux qui réduisent en cendre le corazón des demoiselles qui méritent tellement mieux… Ouaip, parce que ma chef, elle a beau être blonde, elle m’a écrit sur ma boîte perso: « Aurélie, c’est toi la plus belle, c’est toi la plus intelligente, c’est toi la meilleure, ceux qui ne sont pas capables de s’en apercevoir à temps, ils n’en valent pas la peine ». Hein qu’elle est drôlement cool ma Chef ?!?!
Par ailleurs, ça commence à virer Bureau des Pleurs ici, et même s’il n’y a jamais vraiment eu de ligne éditoriale, les lamentations incessantes n’étaient pas prévues au programme de la Vie en Rouge. Un peu, parce que si la vie était une petite plume douce & rose du début à la fin, ça se saurait… Mais elle n’est pas non plus une énorme enclume lourde & noire… Enfin, pas tout le temps…
{L’écriture aide/sert aussi à se persuader de choses auxquelles on ne croit pas encore vraiment…}
Les garçons angoissés et les filles sensibles ne font pas bon ménage.
Et pourtant ils s’attirent. On croit se faire du bien alors qu’il n’y a pas plus malsain.
Quel est l’intérêt d’avoir assez d’intuition pour deviner les gens dès les premiers instants, si l’on ne s’en sert pas pour les tenir éloignés et s’en protéger?
On se le demande… Parce que les (mauvaises?) expériences qui usent plus qu’elles ne forgent, ça va bien maintenant…
Puis avoir la bêtise de retomber dans (ses bras) le panneau ou comment replonger pour mieux se noyer quelques jours après…
Il reste ces dizaines de questions auxquelles il n’aura jamais le courage de m’apporter les réponses en face… Et qu’il va bien falloir cesser de se poser à un moment donné. Histoire de dormir? Au moins sur une oreille!
La peine et la colère mangent goulûment les kilos et le cerveau, avant d’être elles- mêmes avalées par les prochaines semaines, les prochains mois… En attendant, elles sont (mochement) bel et (salement) bien là à tirer efforts & volonté vers le bas.
Elles font faire de vilaines choses, comme déposer dans une boîte aux lettres (et pas n’importe laquelle) un collier qu’on aura pris soin de casser avec autant de rage que la souffrance est grande. J’suis pas fière et même pas soulagée… Mais mon amour- propre sali n’a pas pu résister.
J’aurais mieux fait de ne jamais enlever l’étoile pendue à mon cou. Minuscule bijou que je m’étais offert lors d’une précédente séparation pour me donner de la confiance en l’avenir et le sourire. Les cadeaux que l’on se fait à soi- même, ça peut sembler triste, mais ils ne donnent jamais envie de s’effondrer lorsqu’on les porte ou lorsqu’on les touche.
Avec tout ça, j’en viens à me demander si je ne préfère pas un bon vrai connard qui ne donne plus jamais de nouvelles une fois qu’il a eu ce qu’il désirait, plus ou moins vite, à un autre type d’homme qui prend le temps de faire naître de faux- espoirs.
Le premier s’oublie beaucoup plus rapidement et fait moins mal à la dignité, puisque les sensations s’arrêtent aux peaux et n’ont pas l’outrage de s’approcher des senti- ments.
Ce midi, entre deux averses oculaires, le soleil a miroité. Pas bien longtemps, mais en cas de chagrin, il paraît qu’il faut se jeter sur tous les instants précieux qui se mettent à scintiller. Alors je me suis accrochée à ce rayon de lumière, les quelques minutes qu’il a bien voulu rester dans ma cuisine, qui ne sert plus qu’à faire bouillir l’eau du thé puisque rien d’autre ne veut passer…
J’en veux à la Terre entière de l’avoir mis sur ma route réelle & virtuelle, tellement je me sens abîmée à présent.
Je lui en veux d’avoir essayé avec moi alors qu’il s’en savait incapable. D’aimer. Convenablement.
Je m’en veux surtout à moi- même d’avoir pu penser qu’à coups d’attentions, d’oubli de soi et d’amour, on pouvait changer les gens.
Bref, j’ai encore fait et laissé faire n’importe quoi.
Je ne pense pas me tromper en affirmant qu’il ne passe plus trop par là, mais la meilleure des revanches serait de lui montrer que j’irai aussi bien dans une poignée de billets, que je vais mal dans celui- ci aujourd’hui.
On y croit? On y croit… Il faut y croire, donc on y croit!
Mon (super) sèche- cheveux traîne encore dans son bidet. Pour ma santé, capillaire entre autre, je n’irai pas le récupérer. Mais si la prochaine pouf’ à se laver le derrière dans sa salle de bains venait à s’électrocuter avec… Ca m’arrangerait? Enfin… Je me mettrais sûrement à croire au Bon Dieu (qui doit être en vacances dans une autre galaxie depuis toujours).




