Aujourd’hui ce qui m’empêche d’écrire
C’est l’obligation de travailler sur Excel et de rédiger beaucoup trop de mails professionnels. C’est le temps qui file, le métro qu’il faut attraper, la machine à laver qui déborde, les copines qui bavardent, le vin qui floode et la bonne excuse facile. C’est vous derrière l’écran, espérer et craindre votre jugement à la fois. Les inconnus on s’en fiche, mais le jugement des aimants, le jugement de ceux que je vais aimer ou que j’aime déjà, mais qui ne le savent pas encore, voire peut- être jamais: c’est déroutant. Aujourd’hui ce qui m’empêche d’écrire, c’est la peur mêlée au piment d’attirer à peu près qui on veut entre des lignes rouges, surtout ceux qu’il conviendrait de laisser agripper aux courbes blanches. C’est lire des tas d’autres gens qui font ça tellement mieux, l’écriture.
Les 366 réels à prise rapide correspondent à un exercice d’écriture de Raymond Queneau tiré des Exercices de Style. Il s’agit d’écrire chaque jour un texte sur un thème proposé sous la forme “Aujourd’hui [quelque chose]“. Les règles sont les suivantes : écrire sur le vif, ne pas écrire plus de 100 mots, rapporter des éléments réels de sa journée sans en inventer et sans se référer à un jour antérieur, suivre la thématique de la date correspondante.
Alors voilà, j’inaugure une nouvelle catégorie et je m’y attellerai sans régularité mais avec envie. Puis je complique autant que je me facilite la donne en m’imposant une consigne supplémentaire: 7 minutes maximum pour déposer mon essai. Je vous invite ardemment à dévorer le talent de la Bouseuse en la matière, qui m’a fait découvrir et apprécier l’exercice pour que je finisse par m’y risquer à mon tour. Je lui demande ce soir et elle me renvoie dans la seconde le calendrier perpétuel avec les thèmes: le sujet du 25 janvier tombe à pic! Quand je dis que le hasard c’est joli…
Je profite de ce post qui ne fait pas 12 milliards de caractères pour promouvoir le petit projet 2012: la main dans l’autre (parce qu’on n’a jamais assez de blogs).
Victoire à retardement, rhum & Voyage(S) à venir
Dimanche soir, pour fêter l’achat online des billets d’avion vers une petite bourgade tranquille de l’Est des États- Unis pour cet été; réservation effectuée avec brio par la cousine depuis son canapé rose, je décidai d’aller me faire chauffer un gorgeon de thé bien mérité après tant d’émotions. Oui, ces 30 ans ont eu des conséquences à cadeaux, disons… démentielles! Je conseille à tout le monde de vieillir auprès de ma famille et mes amis, que je ne prête pas mais peux sous- louer exceptionnellement sous conditions tarifaires exorbitantes (c’est qu’on ne va pas à New- York sans une valise vide et un budget shopping ahurissant).
Bref, me voilà clopin- clopant voguant vers la bouilloire made in China et la tête dans les USA. Un pas glissant dans le noir de la cuisine m’a suffi pour deviner que l’eau n’allait pas fumer de la tasse, mais plutôt du lino ondulant sous les grandes marées de la machine à laver. Après un certain nombre de jurons et moult coups de serpillère pour éviter le débarquement incongru de la voisine du dessous, j’eus envie de titiller la pompe (celle de la machine à laver). J’ai bien trouvé sept après- shampooings différents, le double de sacs à main et autant de parfums de tablettes de chocolat dans mes placards: mais pas l’once d’un tournevis à la maison. Je me souvins alors que le dernier mâle ayant foulé plus d’une nuit et demie le programme essorage de mon lave- linge, positionné sur 900 tours, était parti avec sa connerie bien garnie et ma boîte à outils. Il ne m’a pas fallu longtemps pour décréter, en accord avec moi- même, que le lundi était déjà assez compliqué comme ça, pour, en plus, le débuter à minuit les doigts dans le joint de culasse. Je sais, cet élément n’a jamais composé aucun appareil électroménager, mais il est important de romancer les détails techniques pour tenir en haleine les lecteurs poètes que vous êtes. Donc, pour résumer, je décidai d’aller rejoindre Morphée l’esprit léger, la machine (à laver) béante et humide au beau milieu de la pièce à manger. Fermer la porte est une solution assez efficace pour faire disparaître le problème. Au moins jusqu’au premier café le lendemain matin.
Lundi, je vouai tellement d’admiration à l’administration parisienne que j’entrepris de la quitter tôt après une courte journée de boulot, pour en rejoindre une autre et récupérer l’indispensable passeport biométrique à 86$. Course folle pour atteindre la mairie avant que ces feignasses de fonctionnaires de banlieue ne ferment à 17h…. Charme fou sur sourire aiguisé à 17h03: je sortis triomphante le document à photo immonde en poche. Forte de ces formalités administratives miraculeusement accomplies avec rapidité, j’en profitai pour tenter ma chance à la Poste, l’amour de la queue en prime ce coup- ci. Sans parler du manque lié à l’absence des fameux câbles, en souffrance depuis dix jours dans un stock postal et qui me permettraient pourtant d’être à nouveau reliée à l’Internet sans fil.
C’est non sans joie que je retrouvai ma cuisine inondée pour ouvrir mes Fwee paquets. Si on est potes de facebook (et plus), fais pas semblant d’être surpris derrière ton écran, la suite est sans suspense. Si tu n’as pas ce privilège, tu peux rester les yeux écarquillés jusqu’au bout de ce billet sans fin.
Moi qui pensais tomber nez à nez avec un transformateur électrique et du RJ45 à foison, mon cœur a fait des bonds en découvrant un second colis rempli de douceurs des îles, de goodies guadeloupéens et d’un A/R pour Pointe- à- Pitre posé sans prétention sur des sachets d’épices. Le facteur a eu l’ingénieuse idée de déposer deux avis de passage le même jour: j’ai cru que deux colis Fwee m’attendaient alors que ce coquin de CTIG avait frappé sans prévenir! L’air de rien, j’en ai passé des heures à bûcher au lieu de dormir en novembre, sans compter les échanges avec mes supporters de choc pour produire toujours plus de contenu hors concours, et prouver au jury du Guadeloupe Trotter que le podium devait pencher par ici. Échec et pleurs en décembre, effusion de joie en janvier!
2012, va falloir penser à te calmer… Parce que si t’es un peu comme moi, i.e du genre à te demander à quelle sauce tu vas déguster la prochaine claque pour contrebalancer avec toutes ces récentes fessées de bonheur en mode rafale: lâche ton like, garde la pêche et tends l’autre joue. Il ne me manque plus qu’un job palpitant et honteusement payé en rédaction web, un prétendant équipé en gros outil pour serrer ma vis et libérer celle de la pompe, et je serai prête à affronter l’apocalypse maya en toute sérénité le 21 décembre. En attendant, la machine à laver déverse toujours doucement mais sûrement son jus de soupline. Il va falloir que je m’en occupe avant de décoller: j’ai un T- shirt à dépoussiérer…
Un immense MERCI au CTIG et à Air France, ainsi qu’à Florian de MonNuage qui n’a pas flanché face à mon côté “candidate têtue”. Je vous ramène des posts aux belles eaux et avec plaisir as soleil as possible!
Stop et encore
STOP- Pour fêter ma troisième semaine sans WiFi ni ethernet a casa mia: j’ai renouvelé mon nom de domaine. C’est donc depuis le boulot, fort heureusement équipé en réseau, que je signe (et paye!) pour une nouvelle année de vie rougeoyante - STOP
Entre ma flemme légendaire et ma procrastination innée, j’ai bon espoir de récupérer Internet et les câbles qui m’attendent quelque part avant 2013. Si je trouve le courage de mettre le réveil à sonner un samedi… Et si je ne me trompe pas de bureau de Poste cette fois… L’air de rien, ça fait beaucoup de paramètres à réunir pour la brune à grasse matinée que je suis! - STOP
Free propose peut- être des forfaits mobiles tout compris à 19.90€/mois, mais pas encore de livrer ses clients en dégroupage total à 35.98€/mois sur leur lieu de travail. Ça doit être parce que tous les pauvres sont forcément au chômage à guetter patiemment le facteur entre 9h et midi derrière l’œilleton de la maison - STOP
Bref, encore plein d’humour noir et d’amour jaune lagon à venir sur la Seine et à cette adresse jusqu’au 19 janvier prochain - STOP
POST- SCRIPTUM: Je pensais que cette coupure inopinée serait propice à dormir la nuit, lire plus de livres et moins de blogs, regarder moins de vidéos débiles, écrire avec un stylo, boire plus d’eau et moins de vin blanc, refaire mon CV, passer l’aspirateur & autres délices ménagers… Que nenni. Je dois juste recharger le téléphone à 3G plus souvent, bien calée dans mon bordel devant la TNT à 2 du mat’, avec tout un tas de bouquins en retard à rendre à Madame Yourcenar. Cas de connexion désespéré avéré? Stop? ENCOOORE!
(merci)
J’ouvre une parenthèse de temps suspendu… C’est juste un aperçu… Parce que cette journée, je redoutais quand même un peu de la voir arriver… Même si les copains de 1981 avaient bien chauffé la place… J’ai voulu faire exception à la règle et échapper aux questions plus ou moins existentielles qui vont avec… Mais je suis une nouvelle trentenaire comme les autres… Alors je me suis fermement accrochée à ma vingtaine ces dernières semaines, entre excitation et tumulte, pensant bêtement que cette dizaine sur le départ allait bouleverser le cours tranquille des marées intérieures qui bercent mon ressac quotidien… Puis, hier matin, je ne pouvais plus reculer… Et finalement, le grand saut vers le “bel âge” n’a été que sourires béats & larmes de joie… Devant cette vue imprenable sur Paris depuis le restaurant gastronomique situé dans le ciel de la Tour Eiffel…
… Et face à la vague de chaleur humaine qui a déferlé de toutes parts pour atterrir en plein dans le rouge de mon (vieux) coeur aussi vaillant, souvent, que vacillant, parfois. Merci d’être là et d’avoir rendu cette journée:
MAGIQUE, MERVEILLEUSE & INOUBLIABLE
… Et d’avoir même pensé à commander un soleil d’été au- dessus de ma Ville pour l’occasion, en plus de votre pluie d’attentions!
La parenthèse mielleuse est refermée… Je veillerai délicatement sur elle, comme on garde précieusement un trésor, et me souviendrai toujours de cette pépite de vie… Les photos illustrent le somptueux déjeuner dans les airs qu’on m’a offert, mais les cadeaux onéreux en amour, les messages reçus, et vous, avez tous autant de valeur à mes yeux.
OK… Ça va être dur de retourner manger sous les néons de la cantine ce midi!
La der ou l’avant- der
J’ai badgé à 9h47, dernier léger retard de l’année.
Le cadre sup’ qui sait le moins manager du monde m’attendait pourtant le sourire aux lèvres avec les derniers croissants fournée 2011. Les premiers qu’il n’ait jamais payés aussi… Devant mon étonnement, il a dit: “Parce que j’ai trouvé 10€ par terre ce matin et qu’on n’est pas beaucoup aujourd’hui, servez- vous Aurélie”. Le plus affligeant? La fierté à trahir sa fausse générosité, ou les clampins de permanence qui dévoraient, ravis, des viennoiseries au bon goût de radinerie. Fidèle à mon sale caractère, j’ai décliné de bon cœur en faisant remarquer à l’assemblée que le même raisonnement pouvait expliquer le montant de nos primes; les liasses de billets à trois chiffres ne poussant pas encore sur les trottoirs parisiens. Il paraîtrait que ma clairvoyance gâche les fêtes impromptues de l’ambassadeur.
J’ai badgé à 17h03, dernière grosse journée de l’année.
Entre deux dossiers tâchés au café infect, il y a eu le fou rire quotidien avec la collègue de gauche. Une simple histoire de consonne finale prononcée, quand la personne qui s’appelle Mme Anus au bout du fil voudrait nous faire croire que le S est muet dans son cas (à d’autres). Puis il y a eu l’agacement quotidien avec la nouvelle de droite, qui s’évertue à parler en CAPS LOCK à l’assistante complètement sourde… Au lieu de s’appliquer à former de belles syllabes muettes avec la bouche, pour qu’elle puisse lire plus facilement sur les lèvres. J’avais bien dit à cadre sup’ inférieur en humanité qu’il ne fallait pas la recruter (la débile à qui plus on répète moins elle comprend, pas l’assistante silencieuse, qui elle, est aussi futée qu’elle n’entend pas). Avant de lâcher un “c’est pas possible d’être con à ce point”, je me suis souvenue qu’un open- space déserté pour congés était un bureau sans cloison avec des oreilles.
aaa
C’était aussi la dernière traversée du Pont d’Austerlitz à pied, le dernier “si le métro passe avant que j’atteigne l’autre rive, mon vœu se réalise”, la dernière montée dans le bus 89, le dernier passager pervers qui m’a subtilement indiqué une poussée d’hormones en pensant que sa langue sortie affolerait mes cernes blasés, le dernier livre emprunté à la bibli qui sera englouti dans la nuit, la dernière pluie sur ma frange qui frise sans capuche, le dernier garçon normal qui a osé une approche que nous qualifierons d’honnête et qui s’est enfui devant ma répartie. J’ai dit à Marie: “Tu vois, la répartie ça attire les tordus et ça fait peur aux mecs bien”. Il se peut aussi que je sois une des rares filles à demander si lui ne préfère pas les moules quand on l’invite à dîner d’un plateau d’huîtres. Ça c’est Marie qui m’enguirlande après avoir vu le barbu gêné bafouiller et décamper. Face au regard noir de Marie, j’en ai conclu que “D’façon, j’m'en fous j’aime pas les huîtres” n’était pas un argument valable pour ma défense.
Pour la folie ambiante, les grandes théories, devenir riche, s’entraîner à taire tout bas ce qu’on pense tout haut, trouver un mari, apprécier les mollusques et les milliards de petites choses qu’on doit apprendre à la veille de l’âge adulte, il y a encore demain, 2012 et toute la vie.
Je ne vous souhaite pas Bonne Année en avance, il y a des chances que ça porte malheur.
À la base de cet article qui n’a finalement rien à voir, je voulais vous raconter que le manque d’envie et d’anonymat me poussait doucement mais sûrement, à une auto- censure très agaçante d’une part, et donc vers le dernier billet rouge d’autre part… Puis, bah, pfff, groumphf… Le frère Noël a déposé un cahier avec une couverture rugueuse et un stylo à l’encre qui glisse pour le remplir… Je dois être comme les gosses qui se persuadent qu’une trousse toute neuve les aidera à rester appliqués… Ou je n’ai pas le courage suffisant pour fermer la boutique qui ne rapporte toujours rien financièrement, mais tellement à ce besoin urgent de déposer les mots quelque part quand ils prennent à la gorge. Je réfléchis encore un peu, jusqu’au 19 janvier, date à laquelle il faudra renouveler le nom de domaine ou déménager à une autre URL secrète. D’ici là, j’aurai peut- être retrouvé l’envie d’avoir envie comme Johnny, et peut- être même remis la main sur le chargeur du Lumix qui joue à cache- cache, ce qui évitera d’illustrer un post déjà bancal avec une photo moche prise au téléphone. Peut- être que peut- être (Patrick Fiori, c’est pire que du Johnny).


















